Les Sorciers. Rien que leur nom indique leurs origines. Ils sont issus d’un mélange de tous ces êtres communément appelés sorcières, rebouteux, devins, magiciennes, empoisonneurs,… Je ne puis remonter plus loin leur arbre généalogique car il faudrait pour cela vous conter la naissance de ces créatures aux illustres pouvoirs et je doute que quelqu’un la connaisse. L’unique chose dont je suis certaine est que leur existence remonte à la nuit des temps. Ces peuples se sont progressivement mêlés aux humains, bien que ne furent jamais vraiment intégrés. Ils ont participé à la création des villes pour y vivre par la suite. Les Sorciers sont un peuple à part entière même si le nombre de personnes qui le constituent est faible. Ils vivaient séparés les uns des autres, au maximum un couple résidait dans une même ville. Puis, d’un accord tacite, ayant eu vent de Lethum, la ville où toutes les créatures surnaturelles ont trouvé refuge, ils se rejoignirent tous en ce lieu. Étant les derniers à arriver, ils durent trouver un territoire sur des terres déjà occupées. Mais personne ne voulut leur céder une quelconque place : les humains, leur solidarité devant la menace et leurs forces décuplées par la peur, résistèrent farouchement. Les êtres à leur merci étaient les Lycanthropes et les Vampires. Ces derniers étant sous la coupe des Chasseurs, êtres redoutables aux pouvoirs monstrueux, ces terres leur étaient inaccessibles. Chance dans leur malheur, les Chasseurs, se remettant encore de leur Guerre, n’avaient pas encore fait main basse sur les Lycanthropes. Et c’est ce que les Sorciers s’empressèrent de faire. Quel fut leur bonheur à eux, créatures parfois tolérées mais jamais acceptées et toujours soumises, de posséder leur propre territoire et esclaves ! Pour les Lycanthropes se fut le début d’une longue servitude. Mais quels furent les pouvoirs des Sorciers pour évincer aussi facilement ceux des Loups-garous?
Les Sorciers, aussi bien femmes qu’hommes, jouissaient d’une grande variété de facultés. Tous avaient, héritage de siècles de pratique et d’apprentissage, une grande et approfondie connaissance des végétaux de toutes sortes. Celle-ci leur garantissait une quasi immortalité, pouvant ainsi soigner tous les maux et blessures et causer des dégâts et pertes irréversibles chez leurs adversaires. Ils pouvaient nuire de toutes les façons possibles : avec discrétion, rapidité, avec agonie, à long terme,… L’usage de ces plantes avaient également une autre utilité : communiquer avec leurs ancêtres défunts et les faire errer parmi eux pendant une durée plus ou moins longue selon le besoin. En cas de soucis, de guerre ou autre, ils bénéficiaient ainsi du savoir et de l’expérience des anciens qui les guidaient de leur mieux au milieu des aléas de leur vie infinie. Ces fantômes ne pouvaient agir directement mais avaient la capacité de se fondre dans le corps de celui qui a fait appel à eux pour mener à bien leurs propres actions. Tous les Sorciers ne sont pas initié à l’art de côtoyer les morts. Les instruits étaient amenés à appeler les esprits pour les incultes. Les plus anciens (appelés Conseil), et donc considérés comme les plus sages, jugeaient, en fonction de la puissance des pouvoirs, qui était apte à détenir un tel savoir. Les qualités morales comptaient aussi car, même très performante, une personne avide de pouvoir ou totalement innocente n’accéderait jamais à ces connaissances. Celles-ci s’apprenaient au cours d’une cérémonie très privée dirigée par le Conseil. Si de cette séance on ressortait embrouillé ou sans en avoir rien compris, on devait prendre sur soi et essayer de recoller les brides de savoir nous même, car, par la suite, les anciens se désintéressaient complètement de nous. Cependant, il se produit, très rarement, des cas de « connaissance spontanée », c’est-à-dire que le pouvoir était tellement puissant que la communication avec les esprits se faisait naturellement. Le Conseil avait alors le devoir de devenir le professeur de ce prometteur élève et de lui enseigner en quelques années ce qu’il aurait du découvrir par lui-même en toute une vie, afin de lui permettre d’aller au-delà des connaissances d’un simple Sorcier qui avait exploité tout le savoir qu’il pouvait tirer de la vie et de la mort. L’élève en question est immédiatement placé au poste de Roi des Sorciers.
Ceci nous amène à parler des notions de rang social. Plus notre pouvoir est important, plus notre place dans la société est élevée. On ne reste pas à vie à une place identique, cette dernière évoluant avec nos pouvoirs. En général, notre carrière se traduit par une ascension de l’échelle sociale. L’âge n’importe pas, même si il est extrêmement fréquent de trouver aux plus hauts postes des personnes âgées car ce sont elles qui ont le plus vécu et qui, par conséquent, ont acqui le plus de savoir. Comme pour les Chasseurs, la nature du Se*e ne vient en rien interférer dans la position occupée.
Les Sorciers se reproduisaient pareillement aux humains et donc aux Chasseurs. Les relations entre ces races étaient donc morphologiquement et, parfois sentimentalement possibles, mais moralement interdites. Toute personne se livrant à de tels actes était déshonorée, méprisée et punie. Mais comme dit le proverbe : « pour vivre heureux, vivons cachés ! ». Et malgré ces menaces, résiste parfois la passion.
Les Sorciers n’étaient originalement pas différents des humains au point de vue sentimental. Ils pouvaient être joyeux, agréables, irritants, lunatiques, horripilants, gentils, tristes,... et ainsi de suite pour toutes les nuances qui existent sur la vaste palette des émotions. Cependant, leur caractère « normal » devint vite « différent ». Ceci s’explique par plusieurs causes. Tout d’abord leur marginalisassions forcée, leur exclusion des autres les poussèrent à adopter un instinct de meute, de protection excessive et à accorder leur confiance à personnes ou seulement à des gens très soigneusement sélectionnés. Le second facteur de ce changement est qu’ils durent, tôt, apprendre à conserver jalousement leur si précieux savoir et à ne le révéler qu’à bon escient, c’est-à-dire dans des cas extrêmement rares. Enfin, leur côtoiement quotidien avec des revenants a réussi à entamer leur positif moral et à le rendre sombre. Les Sorciers étaient désormais des êtres sinistres, morbides mais également sournois, davantage méfiants, préventifs, téméraires et inexorablement attirés par le royaume de Lucifer. Ils entretenaient d’ailleurs le culte de ce Diable, le remerciant de laisser feu leurs pères les accompagner dans le monde qui précédait celui de leur bizutage. En effet, la Vie comme nous l’appelons était pour eux « l’épreuve terrestre ». Certains s’appliquaient consciencieusement à faire ce que la voix satanique était sensé leur demander, croyant à une récompense divine lorsqu’ils seraient amenés à ne faire plus qu’un avec la terre qui les a nourris pendant tant d’années, d’autres profitaient ou abusaient de tous les plaisirs que ce monde refermait. Bien que leurs ancêtres ne leur en aient touchés point mots à ce sujet, cette croyance était bien ancré dans les mœurs. Cette sorte de religion était tout de même au point du christianisme de l’époque depuis laquelle je vous parle : à un stade où plus de monde connaît que reconnaît ce dévouement sacré.
Ce contact quasi permanent avec les morts eu aussi un impact sur leur apparence physique ; leur peau était très pâle, leurs cheveux blonds allant parfois jusqu’au blanc ou au gris ainsi que leurs poils, le visage toujours stoïque. Leur chair, bien que fraîche et entretenue, semblait quelque peu en décomposition pour laisser entrevoir veines, muscles et tendons. Leurs dents étaient d’une blancheur inouïe, d’une couleur immaculée qui ne trouvait d’égale que dans celle des Chasseurs.
Leurs vêtements étaient noirs, signe de deuil permanent, et toujours souples, légers, pratiques, résistants et faciles à enfiler pour pouvoir cueillir des plantes n’importe où, n’importe quand et dans n’importe quelles conditions. Leurs pieds, longs et maigres, étaient chaussés en permanence de bottines de cuir. Leur garde-robe était importante mais constituée de pièces identiques. Les Sorciers ne nourrissent exclusivement de végétaux issus de leur cueillette. Bien que leur connaissance sur les fruits de la nature fût importante, ils pouvaient quand même tomber malade. Leurs médicaments se mélangeaient dans le panier à provisions aux herbes des repas à venir. Ces créatures buvaient uniquement de l’eau de source, prélevée directement sur place.
Elles siégeaient dans le quartier des Puissants de la ville de Lethum. Leur point principal de ralliement se nomme « le Manoir ».
/!\ Attention /!\ Les Chasseurs seront toujours donc avec l'apparence physique décrite , notamment pour les cheveux. Les Sorciers sans rang précis auront une bien moindre connaissance que ceux possédant un poste spécifique. Ils restent néanmoins avec une espérance de vie , pour tous , très étendue, frôlant l'immortalité.